jeudi 13 mai 2010

Orient Express N° 2

ORIENT EXPRESS
N° 2

Un train, un inconnu

Le couloir que j’ai déjà pris tout à l’heure pour accéder à ma cabine est maintenant désert. J’apprécie la douceur de la moquette qui tapisse le sol, assourdissant le bruit des pas. Je travers un premier wagon, puis un second. Là un homme est appuyé à la fenêtre, le front posé sur la vitre. Visiblement avec le bruit du train, il ne m’a pas entendu arriver. Pour masser, je dois me coller contre la paroi du compartiment, mais le couloir est si étroit que, en me mettant de profil, ma poitrine frotte contre son dos. Il grommelle une vague excuse, se déplace quand même un peu pour me faciliter le passage, mais il le fait de manière anagramment si gauche qu’il se retourne lu aussi, et que nous nous retrouvons face à face, son torse collé contre le mien. J’esquisse un sourire contraint, me glisse plus avant, puis reprend mon chemin sans me retourner. Pourtant je suis sur que, lui, me suit des yeux. Le lent balancement du convoi m’empêché de marcher vite, et je sais que ma démarche hésitante dans ce corridor étroit contribue a faire aussi balancer mes arrières. Je sens presque physiquement son regard sur mes fesses. Alors je lui en donne pour son argent, accentuant encore un peu le déhanchement pour mieux mettre en valeur ces courbes qui, j’en suis bien consciente, attirent le regard des hommes. Arrivée à la porte qui sépare le wagon du suivant, je tourne la tête et regarde par-dessus mon épaule. Ses yeux sont en effet encore dardés sur moi. Il détourne un instant le regard, comme gêné d’avoir été surpris en flagrant délit de matage. Mais le sourire charmeur que je lui décroche vaut excuse et autorisation. Et pour faire bon poids, j’inspire un grand coup, histoire de lui montrer que les formes du devant valent celles du derrière. Quand je passe la porte, le courant d’air entre les deux wagons, là ou le vacarme éclate et où on aperçoit furtivement la voie qui défile à toute vitesse, fait brusquement voleter ma robe. Il aura donc en prime une image de mes jambes.

Au wagon-restaurant, le maître d’hôtel s’excuse en expliquant que ses serveurs sont entrain de dresser les tables. Bêtement ce verbe pourtant utiliser à bon droit me donne envie de rire comme une gamine en pensant que, moi, je pourrais peut-être les aider à dresser autre chose. Mais il me propose de me servir au bar si je souhaite un thé. Je m’installe sur un des tabourets hauts sur patte, ce qui m’oblige à relever un peu ma jupe pour ne pas avoir les jambes entravées. Je me tourne de coté et croise les jambes, ce qui a pour effet de dégager encore un peu plus ma cuisse. Charmant et professionnel le barman s’enquière de ma commande, puis m’apporte une théière, puis la tasse, puis le sucre. J’ai très nettement le sentiment qu’à chaque passage, depuis la position surélevée qu’est la sienne dans son comptoir, son regard s’égare dans mon décolleté. Est-ce la glissade contre le torse de mon inconnu du couloir, deux boutons se sont ouverts et les deux monts arrondis sont largement visibles. Je constate même que mon gentil serveur ne peut ignorer la couleur et la texture de mon soutif. Bien sur je pourrais ramener les pans du chemisier, ou mieux encore refermer un bouton. Mais à quo bon ? Le bar est désert, le serveur beau garçon et solitaire, pourquoi ne pas lui offrir une vision plaisante avant le début du service ? Tant que j’y suis, j’accentue un peu l’entrebâillement en me penchant opportunément pour chercher ma carte dans mon sac. Je sais qu’ainsi la vallée profonde s’élargie, et je ne doute pas que son regard y glisse jusqu’au fond. C’est alors qu’entre dans le bar mon inconnu du couloir. Est-il timide ? En tout cas il ne s’approche pas du bar et s’installe dans un des fauteuils club en cuir brun qui décorent l’autre coté du wagon. Timide, peut-être, mais en tout cas pas aveugle, une fois encore son regard est braqué vers moi, sans impertinence, mais aussi sans la moindre gêne visible. Pas un sourire, pas un clignement d’yeux, pas un geste de complicité. Mais des yeux braqués sur mes jambes. Des yeux à peine plissés, mais d’une insupportable fixité. Il a commandé un scotch, il boit, pose son verre, sans qu’une seule seconde son regard se soit décollé de mes jambes. Comme si j’entendais son désir ou ses ordres, lentement, je décroise les jambes les laissant un instant assez écartées pour qu’il en soit satisfait. Alors, pour la première fois depuis son entrée, il hoche la tête, imperceptiblement, en signe d’approbation. Mais quand je croise à nouveau les jambes, tout aussi imperceptiblement mais sans ambiguïté, c’est un refus absolu qu’il m’adresse. Ses yeux ont pourtant quitté mes gambettes pour me regarder dans les yeux. Il a posé les mains sur ses genoux, poings fermés. Il tend alors les deux index, et, toujours en me fixant droit dans les yeux, il écarte vivement les deux doigts. Le geste est impératif, vulgaire, mais transparent. Sans le quitter des yeux, j’obéis et écarte les genoux. Je sais maintenant qu’il peut voir l’intérieur de mes cuisses jusqu’à la lisière de mes bas. Quand je fais mine de refermer le compas son regard devient métallique, et il n’a même pas besoin de refaire le geste pour que j’obtempère. J’écarte les cuisses, largement. J’ai à peine le temps de penser que, dans la demi-pénombre il ne pourra pas voir ma culotte sombre que le regard s’est adouci, en signe d’approbation. Mais cette fois, se sont les deux pouces qui se lèvent, puis eux aussi s’écartent vivement. En même temps, le regard a glissé vers ma poitrine. Je ne peux ignorer le sens de l’ordre. Sans refermer les jambes j’écarte les pans de mon chemisier, dégageant encore un peu plus le haut de mes seins. Mais cela ne lui suffit pas. Le pouce glisse sur la première phalange de l’index. Je comprends l’ordre aussi clairement que s’il l’avait crié au travers du bar : « Ouvre un bouton de plus ». Je sais que le barman a lui aussi les yeux sur moi, mais il ne peut pas voir le manège de « l’autre ». Alors, sans baisser les yeux, j’obéis. Maintenant quatre boutons du chemisier sont ouverts. J’ai quasiment la poitrine offerte à sa vue. Je suis là, belle grande femme, cuisses et seins offerts à la vue d’un inconnu. Il lève son verre, le hoche à mon intention comme pour porter un toast, le vide, puis se lève et me fait juste un signe du menton. Il ne m’invite pas à le suivre. Il m’ordonne de le précéder. Comme hypnotisée, je signe la carte de bar que le barman a posé devant moi, je descend du tabouret, je ramène les pans de mon vêtement mais, sans qu’il me l’ai explicitement défendu je sens qu’il me l’aurait interdit, je ne referme pas les boutons. Je sors du bar et m’engage dans le couloir. Je ne me retourne pas, je sais qu’il me suit. Arrivé à l’endroit où il m’avait barré la passage tout à l’heur je ralentis et j’hésite. J’entends alors sa voix : « cabine 55, entrez ! » Je fais glisser la porte, j’entre dans une cabine, copie conforme de la mienne et je me retourne. Il est entré lui aussi.

Orient Express N° 1

ORIENT EXPRESS

N° 1

Un soir, un train,

« Une place est retenue pour vous dans le train spécial « Orient Express » à destination de Venise, départ le 12 avril à 17 h gare de Lyon. Nous nous retrouverons au cours du voyage. Retour à Paris le 14 au soir. Pour le reste, vous découvrirez en chemin…. »

Bien sur, à la lecture de ce SMS, j’ai immédiatement pensé à « lui ». Cet homme avec qui j’ai partagé quelques moments intenses il y a quelques années, avant que les aléas de la vie ne nous éloignent l’un de l’autre sans véritable crise, mais aussi sans véritable déchirement. Il m’en restait juste le souvenir d’un compagnon charmant, distingué et cultivé. Et aussi d’un amant fougueux et inventif. Nous avions traversé la France en TGV pour nous rendre à Nice, et il m’avait longuement expliqué qu’il trouvait que le train était un lieu d’aventures à ses yeux. Il développait avec conviction une théorie sur l’intemporalité du moment passé dans cet espace clos et mobile, et sur l’improbabilité des rencontres et des échanges entre ces personnes amenées à passer un certains temps ensemble par le hasard des réservations de leurs voyages. Et je me suis souvenu qu’il avait aussi longuement disserté sur le mythe des grands tains historiques, comme le Transsibérien ou l’Orient Express. J’avais bien sur lu le roman dans lequel Agatha Christie y situe un de ces crimes les plus énigmatiques, et nous étions tombé d’accord sur l’ambiance particulière qui devait régner lors de ces voyages qui prenaient plusieurs jours pour rallier Paris – voire Londres – à Istanbul, via Venise. C’est du reste lui qui m’avait appris que la vénérable « Compagnie des Wagons-lits » organisait encore une ou deux fois par ans des trajets de ce tain mythique. Il rêvait d’un jour participer à un de ces voyages de luxe et il m’avait murmuré à l’oreille qu’il était sur que le balancement des wagons et l’ambiance surannée seraient d’excellents aphrodisiaques. Coquette, je me souviens lui avoir répondu qu’en vertu de ce qu’il m’avait montré les jours précédents, il n’en avait pas vraiment besoin. Comme nous voyagions dans un TGV, où l’intimité est plus que précaire, il avait du refréner ses ardeurs, mais il m’avait susurré à l’oreille, en détails, ce qu’il comptait que nous fassions dés notre arrivée à destination. Et j’avoue que son discours n’avait pas été sans effet sur ma propre libido. D’autant que, en amateur éclairé de jeux risqués, il m’avait mis au défi de « la » retirer sans quitter ma place. « Ainsi ce sera chose faite à l’arrivée » avait-il ajouté avec ce sourire carnassier qui me faisait craquer. Au prix de quelques contorsions pour le moins acrobatiques, j’avais rempli mon contrat, et il avait bien entendu tenu à la vérifier en glissant sa main sous ma jupe. Ce n’étais pas la première fois que je me trouvais en jupe et sans culotte, particulièrement avec « lui » qui appréciait ces situations. Mais alors que nous attendions dans le couloir pour sortir du train, j’ai eu le sentiment que l’home qui me suivait me collait étroitement. C’était assez net pour être évident, et cependant assez discret pour ne pas justifier un esclandre. Au total cette situation m’a plutôt émoustillée, et « lui » a beaucoup plu quand je lui ai raconté dans le taxi qui nous amenait à l’hôtel. Où j’ai pu, à peine étions nous entrés dans la chambre, constater que le récit l’avait tout à fiat mis en forme. Il avait d’ailleurs profité de cette péripétie pour « exiger » que je me passe de cette pièce de vêtement pendant tout le reste du week-end.
Ces souvenirs m’étaient remontés à la mémoire à l’instant même où je lisais ce SMS sans signature. Des souvenirs souriants, certes, mais des souvenirs. Depuis que la vie nous avait séparés, je n’avais jamais envisagé de reprendre cette aventure de quelques semaines. J’ai aujourd’hui un autre homme dans ma vie, et si je n’ai pas fait vœux de fidélité, je ne suis pas à la recherche d’aventures. Pourtant la nostalgie, l’élégance du procédé, l’idée de découvrir Venise au petit matin depuis un train accédant à la gare Centrale, moi qui ne connait la ville qu’en y arrivant par ce triste et lointain aéroport, et aussi il est vrai l’absence de mon compagnon pour quelques jours aux dates proposées ont fait que, le jour dit, je me présentais en effet à la gare de Lyon. Renseignements pris le train spécial partait d’un quai lointain et isolé, sur lequel régnait déjà un climat d’une époque révolue. Une fois vérifié mon billet, je fus prise en main par un agent en uniforme gris bleu qui m’accompagna jusqu’au wagon « 12 » tandis qu’un jeune garçon affublé d’un costume tout à fait identique à celui de Spirou dans la bande dessinée se chargeait de ma valise. Mon accompagnateur m’aida galamment à monter dans le wagon, et me remis aux bons soins d’un de ses collègues qui me souhaita la bienvenue et m’accompagna jusqu’à ma cabine. Un petit bijou de bois acajou, de décorations en laiton brillant et de velours gris perle. Des banquettes confortables, une petite table repliable sur laquelle m’attendait une carafe d’eau et quelques biscuits, et surtout une petite porte donnant accés à une minuscule salle d’eau en faïences bleues.

« Je suis Christian, votre agent accompagnateur, madame, je suis à votre disposition, il vous suffit de sonner » dit mon mentor en désignant un petit interrupteur doré prés de la porte.
« Nous allons partir dans quelques minutes. Le dîner est servi au wagon-restaurant ou dans votre cabine à partir de 19h30, quand vous voulez que nous installions votre cabine pour la nuit il vous suffit de le demander ». Puis il sorti, me laissant seule devant la collation préparée. Ce n’est qu’alors que j’ai vu que, sous la carafe d’eau, il y avait une feuille de papier pliée en quatre. Je l’ai dépliée et y ait lu :

« Bienvenue dans ce train des mystères, belle dame. N’allez pas dîner seule. Quand vous entendrez le steward annoncer le premier service, allez à la fenêtre, regardez le paysage et attendez… »

Le petit mot ne portait pas de signature, et il était dactylographié.
Soudain le long coup de sifflet du chef de gare a retentit sur le quai. Celui-ci a commencé à bouger vers l’arrière, le bruit caractéristique des roues sur les rails a commencé, déjà nous étions sortis de la gare. J’ai grignoté les biscuits puis j’ai décidé de me rafraichir. J’ai constaté que la portière ne pouvait pas être fermée de l’intérieur. Mais la salle d’eau était si minuscule qu’il était difficile de s’y mouvoir vraiment. Et puis, je l’avoue, l’idée de me déshabiller alors qu’on pouvait entrer n’était pas pour me déplaire. J’ai donc retiré mon chemisier et ma jupe et je suis restée un moment en slip et soutien gorge. Je n’ai pas jugé utile de baisser le store de la fenêtre, je m’y suis même accoudé un instant, répétant en quelque sorte la position que la missive me demandait d’adopter plus tard dans la soirée. En attendant je suis entrée dans la minuscule salle d’eau. J’ai retiré mes sous-vêtements et je me suis longuement aspergé le visage d’eau froide, sachant que ce traitement raviverait mes traits. J’ai pris le temps de regarder min image dans la glace qui couvrait la porte. J’ai passé un gant de toilette imbibé d’eau glacée sur mes seins, ce qui en a fait immédiatement durcir les pointes. J’ai pris plaisir à voir ainsi ces deux mamelons roses émerger de leur auréole plus claire. Les mains largement ouvertes, j’ai caressé ces tétons des paumes, en accentuant encore la raideur. Puis c’est mon ventre, mes cuisses, mes fesses et mon mont de vénus qui subirent la morsure de cette eau froide jusqu’à en être douloureuse. En même temps ce traitement tonique avait réveillé mes sens et je n’ai pu m’empêcher – à vrai dire je n’ai guère essayé – de laisser ma main masser ma touffe brune, et mon majeur se glisser dans cette fente rendue encore plus tiède par l’opposition avec l’eau froide. Le plaisir fut si fulgurant que j’ai du me retenir au lavabo pour ne pas perdre l’équilibre. Il m’a ensuite fallu aller ouvrir ma valise qui avait été placée dans le filet à bagages. Je me suis donc retrouvée toute nue, montée sur la banquette, sur la pointe des pieds, pour tirer presque au hasard des vêtements propres. J’ai un instant souri à l’idée qu’un contrôleur ou un voyageur ai pu entrer et se retrouver ainsi face à une lune épanouie en plein jour. Puis, quand même, j’ai enfilé ma tenue pour la soirée. Un petit slip échancré en voile noir bordé de broderies, le soutien-gorge assorti, un chemisier de soie rouge et une jupe qui descend jusqu’au dessus des mes genoux. Je me suis souvenu des goûts vestimentaires de celui que j’imaginais à l’origine de ce voyage, et j’ai repris mon ascension pour trouer la porte jarretelles que j’avais glissé dans ma valise avant de partir et une paire de bas gris fumée. Il était dix-huit heure, rien dans la missive ne m’indiquais que faire jusqu’à l’heure du dîner, je décidais de partir visiter ce train si extraordinaire.

dimanche 18 avril 2010

Correspondance n°6

Lettre Mme De V** à son amie de Mme A

Ma toute douce,

Quel bonheur encore une fois de lire votre lettre, que vous m’avez fait attendre, vilaine que vous êtes. Mais je comprends bien qu’avec un époux tellement empressé auprès de vous, vous n’ayez pas trop de loisir pour écrire à votre vielle amie qui en est réduite trop souvent à relire vos courriers précédents et à imaginer, avec les conséquences que vous devinez, vos moment de tendresse et de passion. Encore qu’il ne faut rien exagérer, et si, en effet, mon mari n’est plus aussi vigoureux qu’au début de notre relation, ni que je le voudrais parfois, il reste, j’ose dire le mot, un amant tout à fait empressé et même, je le pense bien que je n’ai pas vraiment d’élément pour comparer, talentueux. Je ne sais d’ailleurs si le hasard des rencontres nous a amené, vous et moi, à trouver des maris faits sur le même modèle ou si tout les hommes se ressemblent à ce point, mais il me semble qu’en effet, votre mari et le mien ont plus d’un point commun. Et en particulier cette attirance curieuse pour le verso de nos anatomies, et pas seulement pour les fustiger. Peut-être est-ce parce que je suis un peu plus avancé en âge et en expérience que vous, ma petite, mais moi j’ose écrire le mot que vous ne parvenez pas à tracer sur le papier : oui mon mari aime m’enculer. Voilà, c’est dit. Et, comme le votre si j’ai bien compris, il aime à me faire partager verbalement son enthousiasme dans ces moments de pénétration arrières. Il est vrai que ce cher homme, plutôt silencieux dans la vie ordinaire, est assez expansif dans ces moments là. Et il aime, en effet, à commenter ce qu’il est entrai de faire, et que pourtant je en peux pas ne pas savoir ! Peut-être vais-je vous choquer (encore que je doute de la chose, vous connaissant un tout petit peu mieux maintenant) mais je suis assez troublée moi aussi par ces mots qui, en effet, ne font pas partie du langage convenu des salons. Mais quoi, pourquoi nierai-je être quelque peu bouleversée par ces annonces faites d’une voix rauque : « je vais t’enculer bien à fond ! Je vais te bourrer le cul ma petite salope ! » Voire ces ordres impérieux : « présente bien ton cul que je le bourre » ou ces questions presque naïves : « tu la sens bien là ?» (Comment pourrais-je ne pas sentir cette tige épaisse qui me dilate le fondement ?) ou encore ces promesses, heureusement suivies de concrétisations : « je vais venir …je vais jouir…je vais tout t’envoyer dans le cul !, je vais t’emplir … » Eh oui, ma chère petite, ce Monsieur de V*, si bien élevé, qui sait pratiquer le baise main quand il convient, qui emploi un langage châtié si ce n’est parfois même recherché, sait fort opportunément oublier ces conventions de langage au moment qui convient. Et pour tout vous dire, même si l’habitude ne m’ne est venu qu’au cours des ans, il m’arrive de perdre aussi assez le contrôle de moi-même pour l’encourager sans plus de retenue par de grands « bourre moi, mets le moi, baise moi, donne moi tout mon amour ! » qui contribuent, je pense, pour beaucoup à ragaillardir le monsieur. Et pour en finir sur ce chapitre, je dois vous avouer que la conjugaison de ces manières d’exprimer nos enthousiasmes réciproques, ajoutés aux soupirs et aux feulements causés par le plaisir, quand ce n’est pas aux claquements de la main de l’un sur les fesses de l’autres, m’ont amenés parfois à rougir quelque peu en débarquant dans la salle du petit déjeuner d’hôtel où nous avions passé une soirée épicée.
Mais je vous raconterais cela une autre fois. Il me faut pour aujourd’hui ne pas oublier de poursuivre ma narration des aventures supposées – et vous allez le voir confirmées – de ma nouvelle amie, Lucie L* dont je vous ai déjà parlé. Vous vous souvenez peut-être que, à la manière dont son mari s’était adressé à elle, et à l’effet que cette voix avait eu sur son comportement, je m’étais demandé si Monsieur L *, un homme assez séduisant, plus vieux qu’elle, mais portant beau, avec un regard bleu acier assez troublant ma foi, ne faisait pas parfois preuve d’autorité sur son épouse, une jolie petite bécasse, un peu rondouillette mais tout à fait adorable au demeurant. Quand j’avais fait allusion à la manière dont s’était terminée cette soirée chez nos amis, il m’avait semblé qu’elle s’était un peu troublée. Pourtant, c’est elle qui a pris l’initiative de m’inviter à un thé chez elle, et bien entendu j’ai répondu à son invitation. Première surprise pour moi – agréable vous allez comprendre en quoi – il ne s’agissait pas d’une sempiternelle réunion de dames par laquelle il nous arrive de nous débarrasser en une seule fois d’une tripotée d «’invitations à rendre et où personne n’écoute vraiment quiconque. J’étais la seule invitée, et la jolie Lucie m’a dit dés mon arrivée :

« Nous ne serons que vous deux, madame, ainsi nous pourrons parler tranquilles »

Pourtant, bien sur, rien n’indiquait qu’elle avait en tête d’aborder le sujet qui m’intriguait. Aussi ne me suis-je pas lancé tout à trac sur ce terrain, persuadée qu’il me faudrait développer des trésors d’ingéniosité et d’allusions pour espérer amener ma belle sur le terrain qui me convenait. Et bien pas du tout. Dés que, au détour d’une phrase et comme par inadvertance, j’ai abordé la question des maris parfois autoritaires, elle s’est lâchée sans la moindre réticence, me répondant tout de go :

« Ah bien sur, en épousant Louis, je savais à quoi m’en tenir en matière de discipline. Mais comme mes parents pratiquaient de même depuis toujours, j’avais si j’ose dire les fesses entrainées ! »

Et je vous assure que cela était dit avec le plus grand naturel, sans la moindre rougeur aux joues, comme si, après tout, elle me renseignait sur les gouts de son mari en matière de cuisine ou de musique ! Et à partir de là, je n’ai pratiquement plus eu besoin de relancer mon amie pour qu’elle me raconte par le menu son expérience en la matière. Les fessées enfantines données par les nounous puis ses grandes sœurs dument chapitrés par les parents quand elles gardaient leur cadette « et elles avaient intérêt à ce que nous soyons sages, sinon c’est elles qui prenaient la tripotée au retour des parents. » Puis la découverte de la large ceinture de cuir pendue dans l’entrée de la maison et dont l’utilisation sur le derrière des filles marquait dans la famille la sorite de l’enfance, à douze ans, juste après la première communion. Et la belle de commenter : « Bien sur, c’est tellement plus douloureux que les fessées reçues jusque là, je le savais pour avoir entendu les cris de mes sœurs quand elles y avaient droit, mais en même temps, j’étais presque impatiente d’être moi aussi une grande. Je sais bien que pour la plupart des gens, aujourd’hui, cela est complètement fou, mais chez nous cela paraissait normal. Cela arrivait à mes sœurs, à mes cousines, et même à maman et à mes tantes – de la part de mon grand-père puis de leurs maris bien sur – et aucune d’elle ne s’en cachait. » Vous imaginez vous, ma très chère, cette jolie blonde, aux formes généreuses (je dois dire que sa chute de reins donnerait envie à des moins acharnés que nos propres maris tant elle est ronde et pleine) qui me tient ce langage tout en sirotant son thé avec distinction ? Et qui continue sur le même ton, m’expliquant qu’après tout, le mariage n’avait eu comme conséquence que de passer d’une autorité à une autre, elle aussi cinglante. Vous vous doutez que je ne perdais pas une miette de ce récit, et je vous avoue qu’il m’apparaissait tellement impudique que je sentais une crispation au creux de mon ventre, et une rosée naître un peu plus bas. Pourtant je me gardais bien d’interrompre mon amie, la relançant seulement parfois d’un hochement de tête ou d’un prudent « vraiment ? »Et je fis bien puisque c’est ainsi qu’elle me confia, toujours avec son regard clair et innocent, que non seulement il lui était arrivée de recevoir la fessée de son mari en présence de ses sœurs plus âgées, mais aussi du mari de l’un d’entre elles, et même, mais là, quand même, j’ai cru voir une rougeur apparaître sur ses joues, d’avoir été fessée au cours d’un repas chez eux, en présence de deux couples d’amis. Et comme je m’étonnais :

« mais il ne vous a quand même pas … »

Elle me répondit presque sans ciller :

« oh si, bien sur j’ai bien tenté de lui demander de reporter la chose à plus tard, et au mois de ne pas me déculotter, mais rien ne l’a fait changer d’avis »

Et elle avait donc fini par se plier à l’exigence de son mari, et avait été fessée après avoir été déculottée devant leurs convives. Elle m’avoua que ces instants avaient été difficiles à vivre, mais ajouté qu’après qu’elle se soit relevée et reculottée, l’un des maris présent avait félicité le sien pour son caractère « et vous petite madame pour votre obéissance, qualité tellement rare aujourd’hui »Et il avait ajouté qu’il ne serait pas normal qu’elle soit la seule à en faire preuve. Il s’était alors tourné vers sa propre femme, une dame d’une cinquantaine d’année, très « bon chic bon genre », en disant : « ma chérie, comme de toutes manières tu la recevras ce soir, je pense que se serait une belle preuve d’amitié pour Lucie que d’accepter, comme elle, d’y passer maintenant » L’épouse s’était alors levée, elle s’était approchée d’elle et avait murmuré : « c’est pour vous, pour vous seule, que j’accepte, vous savez. Mais vous avez été courageuse, et surtout vous avez compris qu’il n’y a pas d’humiliation à obéir, mais aussi de la grandeur, je veux vous le montrer à mon tour. » Elle s’était alors dirigée d’elle-même vers son mari, avait elle-même remonté sa robe, puis baissé sa culotte jusqu’aux genoux avant de se baisser, mains aux genoux, présentant ses fesses à son mari. Lucie était encore émue en me racontant ce qu’elle appelait « le cadeau » que lui avait ainsi fait celle qui depuis est devenue une de ses plus proches amies. Quand à l’autre épouse, qui n’avait pipé mot sur le moment, avait tout simplement déclaré quand ils se quittaient : « la prochaine fois, c’est nous qui invitons n’est ce pas ? Et … je ne serais pas en reste. » Et quelques semaines plus tard c’est au moment de l’apéritif, chez elle, que cette femme a reçu ce qui était, Lucie ne l’a appris qu’après, la première fessée de sa vie. « Et d’ailleurs, je pense que cela a été la dernière » avait ajouté Lucie, « c’est juste qu’elle avait cru qu’elle ne pouvait pas faire autrement. Et elle m’a avoué que son mari avait eu presque plus de mal à passer à l’acte qu’elle. »
Vous voyez, ma toute douce, que si les hommes sont parfois de drôles d’animaux, nos consœurs sont parfois aussi étonnante. EN tout cas, je pense que je vais me faire de cette petite Lucie une vraie amie. Je vous avoue qu’elle m’avait d’abord semblée un peu, comment dire, bécasse. Mais, après cette après-midi passée en sa compagnie, je suis largement revenue sur mon jugement. Elle est peut-être seulement étonnamment « nature ». En tout cas elle assume parfaitement sa condition, sans honte ni forfanterie, et en tout cas sans le moindre soupçon de perversité. Par contre il me semble qu’elle est aussi sans le moindre soupçon de pudibonderie, si ce n’est même de pudeur. Ainsi, quand elle me parlait de l’usage fait par son mari de la large règle en bois qu’il utilise dans son métier d’architecte, elle a tout bonnement relevé sa jupette pour me faire constater les marques violettes. Certes, elles défiguraient un peu le joufflu de la belle. Mais, mon dieu qu’elle a de belles fesses ! A en être jalouse ! Je vous avoue que quand j’ai regagné ma voiture ma petite culotte était trempée. Une fois encore, j’ai du céder à mes coupables penchants. Si d’aventure vous y cédiez aussi en lisant la présente, j’en serais ravie, ma belle.

Votre amie pour toujours.

Anne Charlotte.