jeudi 13 mai 2010

Orient Express N° 1

ORIENT EXPRESS

N° 1

Un soir, un train,

« Une place est retenue pour vous dans le train spécial « Orient Express » à destination de Venise, départ le 12 avril à 17 h gare de Lyon. Nous nous retrouverons au cours du voyage. Retour à Paris le 14 au soir. Pour le reste, vous découvrirez en chemin…. »

Bien sur, à la lecture de ce SMS, j’ai immédiatement pensé à « lui ». Cet homme avec qui j’ai partagé quelques moments intenses il y a quelques années, avant que les aléas de la vie ne nous éloignent l’un de l’autre sans véritable crise, mais aussi sans véritable déchirement. Il m’en restait juste le souvenir d’un compagnon charmant, distingué et cultivé. Et aussi d’un amant fougueux et inventif. Nous avions traversé la France en TGV pour nous rendre à Nice, et il m’avait longuement expliqué qu’il trouvait que le train était un lieu d’aventures à ses yeux. Il développait avec conviction une théorie sur l’intemporalité du moment passé dans cet espace clos et mobile, et sur l’improbabilité des rencontres et des échanges entre ces personnes amenées à passer un certains temps ensemble par le hasard des réservations de leurs voyages. Et je me suis souvenu qu’il avait aussi longuement disserté sur le mythe des grands tains historiques, comme le Transsibérien ou l’Orient Express. J’avais bien sur lu le roman dans lequel Agatha Christie y situe un de ces crimes les plus énigmatiques, et nous étions tombé d’accord sur l’ambiance particulière qui devait régner lors de ces voyages qui prenaient plusieurs jours pour rallier Paris – voire Londres – à Istanbul, via Venise. C’est du reste lui qui m’avait appris que la vénérable « Compagnie des Wagons-lits » organisait encore une ou deux fois par ans des trajets de ce tain mythique. Il rêvait d’un jour participer à un de ces voyages de luxe et il m’avait murmuré à l’oreille qu’il était sur que le balancement des wagons et l’ambiance surannée seraient d’excellents aphrodisiaques. Coquette, je me souviens lui avoir répondu qu’en vertu de ce qu’il m’avait montré les jours précédents, il n’en avait pas vraiment besoin. Comme nous voyagions dans un TGV, où l’intimité est plus que précaire, il avait du refréner ses ardeurs, mais il m’avait susurré à l’oreille, en détails, ce qu’il comptait que nous fassions dés notre arrivée à destination. Et j’avoue que son discours n’avait pas été sans effet sur ma propre libido. D’autant que, en amateur éclairé de jeux risqués, il m’avait mis au défi de « la » retirer sans quitter ma place. « Ainsi ce sera chose faite à l’arrivée » avait-il ajouté avec ce sourire carnassier qui me faisait craquer. Au prix de quelques contorsions pour le moins acrobatiques, j’avais rempli mon contrat, et il avait bien entendu tenu à la vérifier en glissant sa main sous ma jupe. Ce n’étais pas la première fois que je me trouvais en jupe et sans culotte, particulièrement avec « lui » qui appréciait ces situations. Mais alors que nous attendions dans le couloir pour sortir du train, j’ai eu le sentiment que l’home qui me suivait me collait étroitement. C’était assez net pour être évident, et cependant assez discret pour ne pas justifier un esclandre. Au total cette situation m’a plutôt émoustillée, et « lui » a beaucoup plu quand je lui ai raconté dans le taxi qui nous amenait à l’hôtel. Où j’ai pu, à peine étions nous entrés dans la chambre, constater que le récit l’avait tout à fiat mis en forme. Il avait d’ailleurs profité de cette péripétie pour « exiger » que je me passe de cette pièce de vêtement pendant tout le reste du week-end.
Ces souvenirs m’étaient remontés à la mémoire à l’instant même où je lisais ce SMS sans signature. Des souvenirs souriants, certes, mais des souvenirs. Depuis que la vie nous avait séparés, je n’avais jamais envisagé de reprendre cette aventure de quelques semaines. J’ai aujourd’hui un autre homme dans ma vie, et si je n’ai pas fait vœux de fidélité, je ne suis pas à la recherche d’aventures. Pourtant la nostalgie, l’élégance du procédé, l’idée de découvrir Venise au petit matin depuis un train accédant à la gare Centrale, moi qui ne connait la ville qu’en y arrivant par ce triste et lointain aéroport, et aussi il est vrai l’absence de mon compagnon pour quelques jours aux dates proposées ont fait que, le jour dit, je me présentais en effet à la gare de Lyon. Renseignements pris le train spécial partait d’un quai lointain et isolé, sur lequel régnait déjà un climat d’une époque révolue. Une fois vérifié mon billet, je fus prise en main par un agent en uniforme gris bleu qui m’accompagna jusqu’au wagon « 12 » tandis qu’un jeune garçon affublé d’un costume tout à fait identique à celui de Spirou dans la bande dessinée se chargeait de ma valise. Mon accompagnateur m’aida galamment à monter dans le wagon, et me remis aux bons soins d’un de ses collègues qui me souhaita la bienvenue et m’accompagna jusqu’à ma cabine. Un petit bijou de bois acajou, de décorations en laiton brillant et de velours gris perle. Des banquettes confortables, une petite table repliable sur laquelle m’attendait une carafe d’eau et quelques biscuits, et surtout une petite porte donnant accés à une minuscule salle d’eau en faïences bleues.

« Je suis Christian, votre agent accompagnateur, madame, je suis à votre disposition, il vous suffit de sonner » dit mon mentor en désignant un petit interrupteur doré prés de la porte.
« Nous allons partir dans quelques minutes. Le dîner est servi au wagon-restaurant ou dans votre cabine à partir de 19h30, quand vous voulez que nous installions votre cabine pour la nuit il vous suffit de le demander ». Puis il sorti, me laissant seule devant la collation préparée. Ce n’est qu’alors que j’ai vu que, sous la carafe d’eau, il y avait une feuille de papier pliée en quatre. Je l’ai dépliée et y ait lu :

« Bienvenue dans ce train des mystères, belle dame. N’allez pas dîner seule. Quand vous entendrez le steward annoncer le premier service, allez à la fenêtre, regardez le paysage et attendez… »

Le petit mot ne portait pas de signature, et il était dactylographié.
Soudain le long coup de sifflet du chef de gare a retentit sur le quai. Celui-ci a commencé à bouger vers l’arrière, le bruit caractéristique des roues sur les rails a commencé, déjà nous étions sortis de la gare. J’ai grignoté les biscuits puis j’ai décidé de me rafraichir. J’ai constaté que la portière ne pouvait pas être fermée de l’intérieur. Mais la salle d’eau était si minuscule qu’il était difficile de s’y mouvoir vraiment. Et puis, je l’avoue, l’idée de me déshabiller alors qu’on pouvait entrer n’était pas pour me déplaire. J’ai donc retiré mon chemisier et ma jupe et je suis restée un moment en slip et soutien gorge. Je n’ai pas jugé utile de baisser le store de la fenêtre, je m’y suis même accoudé un instant, répétant en quelque sorte la position que la missive me demandait d’adopter plus tard dans la soirée. En attendant je suis entrée dans la minuscule salle d’eau. J’ai retiré mes sous-vêtements et je me suis longuement aspergé le visage d’eau froide, sachant que ce traitement raviverait mes traits. J’ai pris le temps de regarder min image dans la glace qui couvrait la porte. J’ai passé un gant de toilette imbibé d’eau glacée sur mes seins, ce qui en a fait immédiatement durcir les pointes. J’ai pris plaisir à voir ainsi ces deux mamelons roses émerger de leur auréole plus claire. Les mains largement ouvertes, j’ai caressé ces tétons des paumes, en accentuant encore la raideur. Puis c’est mon ventre, mes cuisses, mes fesses et mon mont de vénus qui subirent la morsure de cette eau froide jusqu’à en être douloureuse. En même temps ce traitement tonique avait réveillé mes sens et je n’ai pu m’empêcher – à vrai dire je n’ai guère essayé – de laisser ma main masser ma touffe brune, et mon majeur se glisser dans cette fente rendue encore plus tiède par l’opposition avec l’eau froide. Le plaisir fut si fulgurant que j’ai du me retenir au lavabo pour ne pas perdre l’équilibre. Il m’a ensuite fallu aller ouvrir ma valise qui avait été placée dans le filet à bagages. Je me suis donc retrouvée toute nue, montée sur la banquette, sur la pointe des pieds, pour tirer presque au hasard des vêtements propres. J’ai un instant souri à l’idée qu’un contrôleur ou un voyageur ai pu entrer et se retrouver ainsi face à une lune épanouie en plein jour. Puis, quand même, j’ai enfilé ma tenue pour la soirée. Un petit slip échancré en voile noir bordé de broderies, le soutien-gorge assorti, un chemisier de soie rouge et une jupe qui descend jusqu’au dessus des mes genoux. Je me suis souvenu des goûts vestimentaires de celui que j’imaginais à l’origine de ce voyage, et j’ai repris mon ascension pour trouer la porte jarretelles que j’avais glissé dans ma valise avant de partir et une paire de bas gris fumée. Il était dix-huit heure, rien dans la missive ne m’indiquais que faire jusqu’à l’heure du dîner, je décidais de partir visiter ce train si extraordinaire.

dimanche 18 avril 2010

Correspondance n°6

Lettre Mme De V** à son amie de Mme A

Ma toute douce,

Quel bonheur encore une fois de lire votre lettre, que vous m’avez fait attendre, vilaine que vous êtes. Mais je comprends bien qu’avec un époux tellement empressé auprès de vous, vous n’ayez pas trop de loisir pour écrire à votre vielle amie qui en est réduite trop souvent à relire vos courriers précédents et à imaginer, avec les conséquences que vous devinez, vos moment de tendresse et de passion. Encore qu’il ne faut rien exagérer, et si, en effet, mon mari n’est plus aussi vigoureux qu’au début de notre relation, ni que je le voudrais parfois, il reste, j’ose dire le mot, un amant tout à fait empressé et même, je le pense bien que je n’ai pas vraiment d’élément pour comparer, talentueux. Je ne sais d’ailleurs si le hasard des rencontres nous a amené, vous et moi, à trouver des maris faits sur le même modèle ou si tout les hommes se ressemblent à ce point, mais il me semble qu’en effet, votre mari et le mien ont plus d’un point commun. Et en particulier cette attirance curieuse pour le verso de nos anatomies, et pas seulement pour les fustiger. Peut-être est-ce parce que je suis un peu plus avancé en âge et en expérience que vous, ma petite, mais moi j’ose écrire le mot que vous ne parvenez pas à tracer sur le papier : oui mon mari aime m’enculer. Voilà, c’est dit. Et, comme le votre si j’ai bien compris, il aime à me faire partager verbalement son enthousiasme dans ces moments de pénétration arrières. Il est vrai que ce cher homme, plutôt silencieux dans la vie ordinaire, est assez expansif dans ces moments là. Et il aime, en effet, à commenter ce qu’il est entrai de faire, et que pourtant je en peux pas ne pas savoir ! Peut-être vais-je vous choquer (encore que je doute de la chose, vous connaissant un tout petit peu mieux maintenant) mais je suis assez troublée moi aussi par ces mots qui, en effet, ne font pas partie du langage convenu des salons. Mais quoi, pourquoi nierai-je être quelque peu bouleversée par ces annonces faites d’une voix rauque : « je vais t’enculer bien à fond ! Je vais te bourrer le cul ma petite salope ! » Voire ces ordres impérieux : « présente bien ton cul que je le bourre » ou ces questions presque naïves : « tu la sens bien là ?» (Comment pourrais-je ne pas sentir cette tige épaisse qui me dilate le fondement ?) ou encore ces promesses, heureusement suivies de concrétisations : « je vais venir …je vais jouir…je vais tout t’envoyer dans le cul !, je vais t’emplir … » Eh oui, ma chère petite, ce Monsieur de V*, si bien élevé, qui sait pratiquer le baise main quand il convient, qui emploi un langage châtié si ce n’est parfois même recherché, sait fort opportunément oublier ces conventions de langage au moment qui convient. Et pour tout vous dire, même si l’habitude ne m’ne est venu qu’au cours des ans, il m’arrive de perdre aussi assez le contrôle de moi-même pour l’encourager sans plus de retenue par de grands « bourre moi, mets le moi, baise moi, donne moi tout mon amour ! » qui contribuent, je pense, pour beaucoup à ragaillardir le monsieur. Et pour en finir sur ce chapitre, je dois vous avouer que la conjugaison de ces manières d’exprimer nos enthousiasmes réciproques, ajoutés aux soupirs et aux feulements causés par le plaisir, quand ce n’est pas aux claquements de la main de l’un sur les fesses de l’autres, m’ont amenés parfois à rougir quelque peu en débarquant dans la salle du petit déjeuner d’hôtel où nous avions passé une soirée épicée.
Mais je vous raconterais cela une autre fois. Il me faut pour aujourd’hui ne pas oublier de poursuivre ma narration des aventures supposées – et vous allez le voir confirmées – de ma nouvelle amie, Lucie L* dont je vous ai déjà parlé. Vous vous souvenez peut-être que, à la manière dont son mari s’était adressé à elle, et à l’effet que cette voix avait eu sur son comportement, je m’étais demandé si Monsieur L *, un homme assez séduisant, plus vieux qu’elle, mais portant beau, avec un regard bleu acier assez troublant ma foi, ne faisait pas parfois preuve d’autorité sur son épouse, une jolie petite bécasse, un peu rondouillette mais tout à fait adorable au demeurant. Quand j’avais fait allusion à la manière dont s’était terminée cette soirée chez nos amis, il m’avait semblé qu’elle s’était un peu troublée. Pourtant, c’est elle qui a pris l’initiative de m’inviter à un thé chez elle, et bien entendu j’ai répondu à son invitation. Première surprise pour moi – agréable vous allez comprendre en quoi – il ne s’agissait pas d’une sempiternelle réunion de dames par laquelle il nous arrive de nous débarrasser en une seule fois d’une tripotée d «’invitations à rendre et où personne n’écoute vraiment quiconque. J’étais la seule invitée, et la jolie Lucie m’a dit dés mon arrivée :

« Nous ne serons que vous deux, madame, ainsi nous pourrons parler tranquilles »

Pourtant, bien sur, rien n’indiquait qu’elle avait en tête d’aborder le sujet qui m’intriguait. Aussi ne me suis-je pas lancé tout à trac sur ce terrain, persuadée qu’il me faudrait développer des trésors d’ingéniosité et d’allusions pour espérer amener ma belle sur le terrain qui me convenait. Et bien pas du tout. Dés que, au détour d’une phrase et comme par inadvertance, j’ai abordé la question des maris parfois autoritaires, elle s’est lâchée sans la moindre réticence, me répondant tout de go :

« Ah bien sur, en épousant Louis, je savais à quoi m’en tenir en matière de discipline. Mais comme mes parents pratiquaient de même depuis toujours, j’avais si j’ose dire les fesses entrainées ! »

Et je vous assure que cela était dit avec le plus grand naturel, sans la moindre rougeur aux joues, comme si, après tout, elle me renseignait sur les gouts de son mari en matière de cuisine ou de musique ! Et à partir de là, je n’ai pratiquement plus eu besoin de relancer mon amie pour qu’elle me raconte par le menu son expérience en la matière. Les fessées enfantines données par les nounous puis ses grandes sœurs dument chapitrés par les parents quand elles gardaient leur cadette « et elles avaient intérêt à ce que nous soyons sages, sinon c’est elles qui prenaient la tripotée au retour des parents. » Puis la découverte de la large ceinture de cuir pendue dans l’entrée de la maison et dont l’utilisation sur le derrière des filles marquait dans la famille la sorite de l’enfance, à douze ans, juste après la première communion. Et la belle de commenter : « Bien sur, c’est tellement plus douloureux que les fessées reçues jusque là, je le savais pour avoir entendu les cris de mes sœurs quand elles y avaient droit, mais en même temps, j’étais presque impatiente d’être moi aussi une grande. Je sais bien que pour la plupart des gens, aujourd’hui, cela est complètement fou, mais chez nous cela paraissait normal. Cela arrivait à mes sœurs, à mes cousines, et même à maman et à mes tantes – de la part de mon grand-père puis de leurs maris bien sur – et aucune d’elle ne s’en cachait. » Vous imaginez vous, ma très chère, cette jolie blonde, aux formes généreuses (je dois dire que sa chute de reins donnerait envie à des moins acharnés que nos propres maris tant elle est ronde et pleine) qui me tient ce langage tout en sirotant son thé avec distinction ? Et qui continue sur le même ton, m’expliquant qu’après tout, le mariage n’avait eu comme conséquence que de passer d’une autorité à une autre, elle aussi cinglante. Vous vous doutez que je ne perdais pas une miette de ce récit, et je vous avoue qu’il m’apparaissait tellement impudique que je sentais une crispation au creux de mon ventre, et une rosée naître un peu plus bas. Pourtant je me gardais bien d’interrompre mon amie, la relançant seulement parfois d’un hochement de tête ou d’un prudent « vraiment ? »Et je fis bien puisque c’est ainsi qu’elle me confia, toujours avec son regard clair et innocent, que non seulement il lui était arrivée de recevoir la fessée de son mari en présence de ses sœurs plus âgées, mais aussi du mari de l’un d’entre elles, et même, mais là, quand même, j’ai cru voir une rougeur apparaître sur ses joues, d’avoir été fessée au cours d’un repas chez eux, en présence de deux couples d’amis. Et comme je m’étonnais :

« mais il ne vous a quand même pas … »

Elle me répondit presque sans ciller :

« oh si, bien sur j’ai bien tenté de lui demander de reporter la chose à plus tard, et au mois de ne pas me déculotter, mais rien ne l’a fait changer d’avis »

Et elle avait donc fini par se plier à l’exigence de son mari, et avait été fessée après avoir été déculottée devant leurs convives. Elle m’avoua que ces instants avaient été difficiles à vivre, mais ajouté qu’après qu’elle se soit relevée et reculottée, l’un des maris présent avait félicité le sien pour son caractère « et vous petite madame pour votre obéissance, qualité tellement rare aujourd’hui »Et il avait ajouté qu’il ne serait pas normal qu’elle soit la seule à en faire preuve. Il s’était alors tourné vers sa propre femme, une dame d’une cinquantaine d’année, très « bon chic bon genre », en disant : « ma chérie, comme de toutes manières tu la recevras ce soir, je pense que se serait une belle preuve d’amitié pour Lucie que d’accepter, comme elle, d’y passer maintenant » L’épouse s’était alors levée, elle s’était approchée d’elle et avait murmuré : « c’est pour vous, pour vous seule, que j’accepte, vous savez. Mais vous avez été courageuse, et surtout vous avez compris qu’il n’y a pas d’humiliation à obéir, mais aussi de la grandeur, je veux vous le montrer à mon tour. » Elle s’était alors dirigée d’elle-même vers son mari, avait elle-même remonté sa robe, puis baissé sa culotte jusqu’aux genoux avant de se baisser, mains aux genoux, présentant ses fesses à son mari. Lucie était encore émue en me racontant ce qu’elle appelait « le cadeau » que lui avait ainsi fait celle qui depuis est devenue une de ses plus proches amies. Quand à l’autre épouse, qui n’avait pipé mot sur le moment, avait tout simplement déclaré quand ils se quittaient : « la prochaine fois, c’est nous qui invitons n’est ce pas ? Et … je ne serais pas en reste. » Et quelques semaines plus tard c’est au moment de l’apéritif, chez elle, que cette femme a reçu ce qui était, Lucie ne l’a appris qu’après, la première fessée de sa vie. « Et d’ailleurs, je pense que cela a été la dernière » avait ajouté Lucie, « c’est juste qu’elle avait cru qu’elle ne pouvait pas faire autrement. Et elle m’a avoué que son mari avait eu presque plus de mal à passer à l’acte qu’elle. »
Vous voyez, ma toute douce, que si les hommes sont parfois de drôles d’animaux, nos consœurs sont parfois aussi étonnante. EN tout cas, je pense que je vais me faire de cette petite Lucie une vraie amie. Je vous avoue qu’elle m’avait d’abord semblée un peu, comment dire, bécasse. Mais, après cette après-midi passée en sa compagnie, je suis largement revenue sur mon jugement. Elle est peut-être seulement étonnamment « nature ». En tout cas elle assume parfaitement sa condition, sans honte ni forfanterie, et en tout cas sans le moindre soupçon de perversité. Par contre il me semble qu’elle est aussi sans le moindre soupçon de pudibonderie, si ce n’est même de pudeur. Ainsi, quand elle me parlait de l’usage fait par son mari de la large règle en bois qu’il utilise dans son métier d’architecte, elle a tout bonnement relevé sa jupette pour me faire constater les marques violettes. Certes, elles défiguraient un peu le joufflu de la belle. Mais, mon dieu qu’elle a de belles fesses ! A en être jalouse ! Je vous avoue que quand j’ai regagné ma voiture ma petite culotte était trempée. Une fois encore, j’ai du céder à mes coupables penchants. Si d’aventure vous y cédiez aussi en lisant la présente, j’en serais ravie, ma belle.

Votre amie pour toujours.

Anne Charlotte.

vendredi 16 avril 2010

Correspondance n° 5

De Mme A*à MMe de V*


Ma très chère,

Autant j’ai hésité longtemps et je me suis reproché parfois d’avoir osé vous dévoiler ce qui aurait pu rester un secret de couple, autant je m’en félicite après la lecture de votre dernière lettre. Je vous avoue que j’ai presque eu les larmes aux yeux d’émotion en découvrant votre intimité, et la confiance avec laquelle vous me la présentez. Et puis aussi, quel bonheur que de constater que nous sommes si proches par certains cotés ! Allons au fait tout de suite, ma douce, je n’ai pas plus que vous vraiment renoncé aux plaisirs solitaires. Il est vrai que, dans ma jeunesse, j’y avais recours quasiment chaque jour, ou plutôt chaque soir. Pour trouver le sommeil il me fallait d’abord m’être quelque peu caressé l’abricot et la cerise. Même quand il m’est arrivé de partager ma chambre avec une amie – vous souvenez vous que vous fûtes de celles-là ma douce ? – je ne renonçais pas pour autant à mes coupables penchants. Simplement, avec le temps, j’ai appris à me procurer du plaisir sans bruit et sans trop de mouvements. A vrai dire, mais je crains d’expliquer à une plus expérimentée que moi, il m’arrivait même d’aboutir au but recherché sans avoir à y mettre la main. La seule crispation des cuisses m’amenait parfois, sans que personne autour de moi ne puisse y voir quoi que se soit, à une explosion toute intérieure. Depuis mon mariage, les assiduités de mon époux et peut-être aussi l’âge m’amènent bien sur à un rythme moins soutenu. Mais à l’occasion de la toilette, ou d’une difficulté à trouver le sommeil, mes mains s’égarent encore parfois sur mes seins, aiment à en agacer les petits bouts avant de descendre plus bas, rejoindre le buisson frisé d’où sourd le nectar qui leur permettra de mieux glisser. Il me faut alors composer entre l’envie d’aboutir vite là où je sais vouloir aller et celui de faire durer l’attente qui rend l’aboutissement encore plus délicieux. Il s’agit donc de retarder autant que faire ce peut le moment de m’occuper du petit bouton, de ce perce neige impatient que le moindre effleurement un peu appuyé portera à l’incandescence.
Mais, pour ma part, ces moments ne sont pas à proprement parler un moyen de compenser un manque d’ardeur de mon mari. Certes, nous sommes mariés depuis moins longtemps que vous, et peut-être découvrirai-je avec le temps que celle-ci s’émousse au fil des ans. Mais pour aujourd’hui, mon époux est plus que régulier dans ses visites vespérales. Oh bien sur, celles-ci ne sont pas tout à fait aussi régulières que le chant du coq le matin. Il est des soirs où la fatigue, une préoccupation, une obligation mondaine, que sais-je, amène à une pause. Il en est d’autre où une indisposition de ma part m’amène à lui faire comprendre que j’aurais besoin d’un vrai repos. Et il est assez attentif et galant pour le comprendre. A condition toutefois, il faut le dire, que cela ne se reproduise pas plusieurs soirs de suites. Et quand la nature et le retour de la lune m’amène à solliciter d’être dispensé des devoirs conjugaux trois ou quatre jours de suite, j’ai la fierté de voir monsieur mon mari devenir d’humeur maussade. Du reste il ne manque pas, dans ces cas là, de rattraper les soirs qu’il considère comme perdus dans les jours qui suivant. Et ses ardeurs ne sont alors plus seulement vespérales mais peuvent être matinales ou impromptues. Encore que depuis quelques temps, et vous allez voir que nous en revenons toujours au sujet qui a entrainé cette correspondance, il a pris l’initiative, les jours où la voie ordinaire ne peut être utilisée, d’en choisir une autre, qui lui donne l’occasion de rendre hommage à mon verso. Il faut vous dire que, assez tôt après notre mariage, et bien avant qu’il ne se mue en époux fesseur comme le votre, il m’avait fait découvrir la position que vous utilisâtes lors de votre première fessée et qui porte ce joli nom inspiré du rongeur bondissant. Je n’ai donc pas été plus étonnée que cela le soir où il ma amené à prendre cette position, certes un peu inconfortable, mais qui met tellement en valeur nos attributs postérieurs, à genoux, la tête entre les mains et le dos incurvé pour mieux faire pointer ce qui, dans ce cas, ne mérite peut-être pas d’autre mot que celui de c**. Par contre c’est avec stupeur que j’ai senti que sa virilité, après s’être comporté avec mon antre d’amour comme une mouillette avec un œuf à la coque, à quitté ce nid douillet sans pousser plus loin son avantage et s’est glissée un peu plus haut, vers une autre entrée plus secrète, et pour tout dire plus étroite. Dire que cette découverte fut un grand moment de plaisir serait mentir. La différence de taille entre l’objet et son étui suffit à expliquer que l’introduction de l’un dans l’autre impose à ce dernier une déformation difficile à supporter. Pourtant, mais vous savez combien je suis bonne et j’aime à faire plaisir autour de moi, les râles de bonheur de mon tendre bourreau tandis que son épée pénétrait mes entrailles ont rendu cet instant moins difficile à supporter. J’ai en tout cas eu le sentiment d’avoir, ce soir là, passé, moi aussi, une sorte de porte, pour aboutir dans un monde que j’ignorais jusque là. Et prenant mon acceptation pour définitive, mon cher époux me propose régulièrement cette alternative quand je lui oppose le calendrier pour refuser une étreinte plus conventionnelle. Mais peut-être suis-je entrain de … prêcher à une convertie ? Si tel est le cas, peut-être me comprendrez vous si je vous dis que du strict point de vue du plaisir physique cette voie m’apparaît comme moins efficace que l’autre, mais qu’elle déclenche aussi des sensations presque plus mentales oserai-je dire. Peut-être parce que, fruit de notre éducation, elle reste marquée par l’interdit, donc par le gout délicieux du péché ? Peut-être aussi parce que, du fait de la position prise, nous ne voyons pas le partenaire, et que cela permet à notre imaginaire des égarements que nous nous interdirions dans d’autres situations. Ou tout simplement parce que, dans le cas de mon époux, cette pratique semble lui procurer un tel plaisir que ma fierté en est comblée. Du reste, et peut-être cela participe-t-il aussi de ce plaisir un peu trouble que me procure ces moments différents, il ne se prive pas de me faire partager son bonheur qu’il exprime sans retenue. Et là aussi, lui qui est, vous le savez, la correction voire la distinction même, en arrive à l’oublier et à utiliser des termes que je ne suis pas encore capable d’écrire, alors que je suis plus que troublée de les entendre ! Tout cela pour vous dire – mais vous savez combien je suis bavarde et comme j’ai tendance à oublier le fil de mes récits parfois – que, jusqu’à présent, il se passe rarement plus de trois jours sans que mon époux ne me rende hommage, que se soit le soir quand nous gagnons le lit en même temps, ou le matin quand il décide de me réveiller de galante manière. Pour en revenir au sujet que nous abordions dans nos courriers précédents, et fort heureusement, ces moments de tendresses conjugales ne sont pas tous assortis de fessées. Si el était le cas je pense que j’aurais du renoncer depuis longtemps à la position assise. Par contre, et fort heureusement, l’inverse est toujours vrai. Et si depuis que j’en ai fait la découverte, et que je m’en suis ouverte à vous, j’ai du repasser par ces moments brûlants quatre ou cinq fois, ils furent toujours suivis, peut-être faudrait-il dire compensés, ou conclus, par de grands moments de frissons. Je dois même vous avouer que, la dernière fois que mon séant a été fustigé, et de la belle manière, par mon mari, j’avais presque sciemment provoqué la chose. Une fois encore il m’attendait pour sortir et m’avais recommandé de ne pas être en retard. J’aurais tout à fait pu être à la maison à l’heure dite mais je ne sais – ou je sais trop – quel démon m’a poussé à traîner consciemment de manière à n’y arriver qu’avec une bonne demi-heure de retard. Bien entendu il était dans l’entrée, déjà habillé et prêt à partir. Je savais intérieurement que ce retard me vaudrait une fessée. Et je m’attendais à ce que je paye en monnaie claquante ma dette le lendemain. Mais il n’en fut rien. Cette fois, en effet, il me fallu payer cash. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et sans qu’il n’ai pris la peine de justifier quoi que se soit ou même de me réprimander, je me suis retrouvée pliée en deux sur sa jambe, les mains posées sur une marche de l’escalier, le jupe troussée et la culotte plus arrachée que baissée. Quelle averse mon Dieu ! Je me suis débattue, j’ai crié, j’ai pleuré, rien n’y a fait. Il ne m’a lâchée, que quand il a eu trop mal à la main je pense. Ensuite il ne m’a pas laissé le temps de me rafraichir, il était vraiment temps que nous partions. Il m’ juste lancé « tu la laisses là ! » quand j’ai voulu remonter ma culotte, et je n’ai pas pris le risque de lui faire répéter. J’ai passé la soirée à me tortiller sur la chaise, les fesses brûlantes. Et cette fois, ce n’est qu’au retour à la maison, fort tard, que mon mari m’a dispensé la partie la plus agréable de la chose. Mais, est-ce parce qu’elle avait été retardée, elle le fut … vraiment beaucoup !

Un joli texte

Pour les amateurs, Ange nous fait un cadeau fort agréable sur :

http://mesmotsmalangue.blogspot.com/search?zx=cebef49845fcb29a

samedi 20 février 2010

Correspondance 4

« Correspondance »

Chapitre 4 :

Mme De V*à Mme A*

Depuis qu’Anne Charlotte sait que son amie d’enfance, la belle Caroline, connaît aussi les affres et les plaisirs de la fessée conjugale, elle ne cesse d’imaginer les belles rondeurs de sa sœur de lait rudement mise au vif par la dextre de son mari. Et comme celui-ci est plutôt bel homme, il est arrivé que, dans sa rêverie, ce ne soient plus les fesses de l’épouse qui subissent ce traitement, mais bien les siennes. Bien sur elle ne fera pas partager cette vision à l’épouse légitime. Pourtant elle s’empresse de répondre à cette nouvelle missive, en ne cachant que. .ce qu’il convient de cacher.

Ma toute belle,

Je suis bien forcée de vous faire un aveu qui devrait me faire rougir le visage autant que la main de votre époux vous fait rougir les fesses. Votre seconde lettre a eu sur mes sens le même effet que vos premiers aveux. Et me voilà replongée dans les dérives sataniques du plaisir solitaire, moi qui étais devenue presque sage. Encore que, pour tout vous dire, je n’y ai jamais vraiment complètement renoncé. Sauf peut-être durant les toutes premières années de mon mariage, quand la virilité toujours en éveil de mon cher mari était si exigeante que j’avais bien peu de motifs, et même s’occasion de chercher à me procurer à moi-même ce qu’il me prodiguait si généreusement. Il est vrai qu’alors il n’était pratiquement pas de soir qu’il ne vienne partager ma couche, et il lui arrivait de surcroît de me rendre parfois une visite matinale avant que d’aller chasser. Mais, vous l’avez compris ma chère, les années passant l’intensité des choses à tendance à s’amoindrir. Je vous rassure, mon mari n’est en rien souffrant, et il est encore fort capable de procurer à une femme les hommages qu’elle attend d’un homme. Il me l’a encore prouvé hier au soir, et de fort belle manière ma fois. Mais quoi, vous le verrez vous-même bien assez tôt, l’âge n’épargne personne. Ce qui était quotidien devient peu à peu plus proche de l’hebdomadaire. Et, dans ces tournois de l’amour, le chevalier à moins souvent l’initiative de redoubler l’assaut. Que cela m’ait quelquefois affligée, et que j’eusse parfois espéré une fréquence plus grande dans ses assiduités, je le confesse. Encore qu’en ce domaine, l’âge permet de comprendre qu’il faut parfois préférer la qualité à la quantité, quand toutefois on est contrainte de choisir. Et quand la nature titille un peu trop mes propres besoins, eh bien oui, je vous l’avoue, ma douce, j’ai en effet recours aux pratiques de nos jeunes années. Je sais, selon nos confesseurs et les moralistes, c’est très mal. Mais selon nos sens, mon Dieu que c’est bon. Après tout, qui connait mieux les attentes de nos sens que nous-mêmes ? Bien sur, je n’ai en rien renoncé aux assauts vigoureux d’une belle virilité et au travail profond d’un soc vigoureux en son champ. Mais cela empêche-t-il d’apprécier aussi la douceur de ses propres doigts ? Je ne jurerais du reste pas que mon maître et seigneur soit totalement dupe. Mais, en ce domaine comme dans d’autres, il convient me semble-t-il que chacun fasse comme s’il ignorait que l’autre sache. Mais une certaine lueur dans ses yeux quand il me demande, pour ne pas dire quand il exige, de faire devant ses yeux ce qu’à d’autres moments je pratique dans le secret de mon boudoir m’incite à penser qu’il n’en ignore pas tout. Jamais au grand jamais, je n’aurais imaginé en arriver un jour à exposer à quiconque ces épisodes de ma vie d’épouse. Mais votre candeur et cotre franchise m’amènent à considérer qu’avec vous, rien ne doit être caché. Et je gage bien sur que vous prenez toutes les précautions nécessaires pour jeter aux flammes ces épitres aussitôt que vous les aurez lues. J’avoue par ailleurs que je ressens un étrange plaisir à vous faire de telles confessions impudiques. A tel point que je sens déjà sourdre en moi une humidité qui en est le témoignage. Je m’impose pourtant de ne pas céder à l’envie qui me taraude de poser la plume pour utiliser autrement la main qui la tient. Je ne doute pas que vous mesurez l’effort que je fais pour vous être agréable. Et je prends aussi le risque, si mon mari rentrait au bercail avant que j’ai pu changer de tenue, et qu’il lui prenne l’envie de quelque caresse un peu appuyée, que l’humidité de ma culotte me vaille une de ces fessées impromptues qu’il lui arrive encore – Dieu merci – de me flanquer.

Voilà donc la première réponse à vos questions, ma chère curieuse. Eh bien oui, je prends encore, et souvent, et de belle manière, de ces fessées qui me laissent le derrière en feu, les joues mouillées de larmes, et d’autres partie de moi-même d’autre manière. Je dois même dire, qu’en ce domaine il n’y a eu ni pause ni même baisse de fréquence. Peut-être même au contraire. Au fil des années, mon cher mari a toujours autant de vivacité pour trouver de bons motifs à me caresser rudement les fesses. Et quand il n’en trouve pas, eh bien ma fois il s’en passe ! Encore qu’il aime, me semble-t-il à ce que les fessées soient à ces yeux ou aux miens justifiées. Dans les premières années de notre union, il a considéré que les sanctions appliquées au hasard des fautes ou des manquements de ma part ne suffisaient pas, au motif que toutes ne pouvaient pas être sanctionnées sur le champ. Aussi a-t-il pris l’habitude, selon sa propre expression de « mettre les pendules à l’heure » chaque premier vendredi du mois. Pour qu’aucun motif ne soit oublié, il m’a imposé d’en tenir moi-même la liste. Il m’appartient donc parfois d’y inscrire de moi-même ce qui me semble mériter sa sévérité, encore ne l’aurait-il pas su. D’autres fois cependant c’est lui qui m’indique d’un « vous le noterez s’il vos plait » que tel ou tel de mes actes ou de mes attitudes lu a déplut. Et le jour dit, rituellement après le dîner, je me présente devant lui avec à la main la liste que je dois lui lire à haute voix. Le croirez-vous, chère amie, même après tant d’années, il me semble que cette lecture d’aveux est peut-être plus difficile pour moi que la punition qui s’ensuivra. Voyez ainsi vendredi dernier, votre amie, que vous avez connue si fière parfois, tenant son cahier à la main et lisant à l’intention de son mari carré dans son fauteuil :

« Le 4 du mois, une insolence à votre égard, le 9 du mois un retard, le 16 et de nouveau le 17 du mois une grande négligence dans la surveillance du service et le 26 du mois un refus d’obéissance méritent d’être sanctionnés, monsieur »

« Cela fait beaucoup pour ce mois, ma chère. Vous m’apporterez l’instrument s’il vous plait, et vous compterez vingt. »

Il n’a pas besoin d’en dire plus. Je sais qu’il a décidé d’épargner sa paume et d’utiliser le martinet dont il a fait l’acquisition pour notre première année de mariage. Je sais surtout qu’il m’appartient d’aller le chercher dans l’armoire et de le lui apporter respectueusement. Puis de me tourner vers le grand bureau qui orne le coin de la pièce, de relever moi-même mes vêtements – que j’ai bien sur choisis en fonction de ce que je sais alors inéluctable – et de pencher sur le meuble de bois d’ébène, dans la position que j’ai compris que vous connaissez, présentant ainsi à leur bourreau les hémisphères qu’il va flageller. Il me semble que nos maris ont en commun l’exigence d’ôter eux-mêmes le dernier rempart qui protège nos lunes. En effet, il tient à baisser lui-même ma culotte, jouant, selon son caprice, à la retirer entièrement où à la laisser en haut des cuisses ou à la pliure des genoux.

Vous avez donc une deuxième réponse à vos questions, oui mes fesses connaissent la morsure des lanières. Si je vous disais qu’elles ne sont pas plus douloureuses que la main maritale, vous ne me croiriez pas, et vous auriez raison. Même si une fessée manuelle peut faire mal, à en pleurer, la douleur n’est jamais tout à fait comparable à celle d’une poignée de lanières de cuir flagellant la peau. Quand on la subit, on comprend mieux l’expression triviale « avoir la peau des fesses enlevée ». C’est en effet tout à fait la sensation que l’on éprouve. Même si, là aussi, après quelques jours, les longues traces bleuâtres et parfois boursouflées laissées par la chevelure cinglante disparaissent. Et pourtant, ma toute belle, tout en vous aimant, et peut-être justement parce que je vous aime, je souhaite qu’un jour votre mari fasse un jour cet achat. Alors seulement vous comprendrez quez si je me contente de dire que cela fait « plus » mal, je ne suis ni exacte ni complète. Il n’est pas vraiment possible d’établir une telle hiérarchie entre les sortes des fessées. La main, le martinet, la ceinture de cuir ou la cravache du cavalier, sont à mes yeux – je devrais dire à mes fesses – autant de voyages, de découvertes, différents. Des voyages qui vous feront pleurer, crier, peut-être même plus, je le sais, mais des voyages qui vous feront découvrir des espaces qui, sinon, vous resteraient ignorés.

Pour en revenir à ce dernier vendredi, oui, il m’a fait mal, très mal. D’autant qu’avant de se saisir du t=fatal instrument, il a tenu, je reprends ses paroles à « préparer le terrain » par une vigoureuse fessée manuelle. C’est donc sur un cul déjà fort rouge que se sont abattus les vingt cinglades qu’il m’a fallu compter à haute voix. Il y tient en effet absolument. Même si je n’en sais pas ce qu’il ferait si j’interrompais le compte avant l’échéance annoncée. Peut-être continuerait-il quand même ? Peut-être jugerait-il que je ne puis en subir plus ? Je ne le saurais probablement jamais. Vous me savez têtue et trop fière pour céder en implorant une fin anticipée. Par contre, il m’est arrivé un jour de compter. Il avait décidé de m’imposer quinze coups. Je les ai reçus sans desserrer les dents, tout en comptant dans ma tête. Et après le quinzième … la fouettée a continuée. Je vous laisse imaginer Au dix-septième, j’ai compris que lui non plus ne céderait pas, et j’ai lâché le fatal « un » … suivi des quatorze autres annonces, les dernières émises entre les sanglots. Je vous laisse imaginer l’état de mes pauvres fesses. Elles étaient littéralement proches d’être en sang. Trois jours après elles restaient bleues et boursoufflées, et il m’était pratiquement impossible de m’asseoir sans grimacer de douleur. Je n’ai jamais réitéré cette rébellion. Mais j’étais immensément fière d’avoir prouvé que j’étais capable de résister. Et lui avait prouvé qu’il savait ne pas céder, et je lui en étais d’une certaine manière reconnaissante.

Pour le reste, si je suis assez persuadée que nous n e ne sommes pas les seules, et de très loin, à connaitre de ces séances claquantes sur nos postérieurs, je dois vous avouer que je n’en sais pas beaucoup plus. Avant de le faire à votre intention, jamais il ne m’étais venu à l’idée de raconter à qui que se soit les pratiques de notre couple. Et aucune de mes amies ne m’a non plus fait de confidence en la matière. Pourtant, j’ai dans l’idée que la jeune Madame L*, mariée depuis peu à une relation de mon mari pourrait bien être des nôtres. Non qu’elle m’ait fait quelque confidence que se soit, nous ne sommes pas assez intimes pour cela. Mais lors d’une soirée chez des amis communs, la belle s’est montrée particulièrement désagréable, et surtout envers son mari qui n’a pas semblé prêter attention au comportement de sa moitié, jusqu’à ce qu’il lui lance d’une voix glacée à la suite de je ne sais plus quelle insolence de sa part :

« Nous en reparlerons plus tard n’est ce pas »

Phrase anodine, certes, mais lancée avec un regard subitement dur, et qui a fait qu’ensuite la jolie peste s’est transformée en petite fille silencieuse et effacée, cherchant à se faire oublier. La lecture de votre lettre m’a remis cette soirée en mémoire et j’ai cherché un prétexte pour rendre visite à cette jeune dame et en ai profité pour lui lancer :

« Nous avons passé une soirée délicieuse n’est – ce pas ? »

« Oui..Charmante, en effet »

« Et j’espère qu’elle s’est bien terminée ? »

Et là, son visage s’est empourpré, et elle a bredouillé quelque chose comme :*

« Oui.. enfin… bien sur… »

« Eh bien tant mieux …. Avec ces drôles de personnages que sont les hommes, on ne sait jamais… Profitez bien de la tendresse du vôtre ma petite. »

Je n’ai pas voulu le mettre plus dans l’embarras, et je l’ai quitté en l’embrassant.Je n’en sais donc pas plus. Mais depuis j’ai reçu de sa part une invitation à un thé la semaine prochaine. Peut-être la belle sera-t-elle en veine de confidences ?

En attendant je vous embrasse,

Soyez sage, il ne faut abuser de rien.

Votre

A C de V